Les moments qu’il nous arrive d’accorder à la rêverie sont-ils du temps perdu?

Dissertation:

Sujet : Quels arguments opposeriez-vous à quelqu’un qui considère les moments qu’il nous arrive d’accorder à la rêverie, comme du temps perdu?

Dans un monde toujours en quête de performance et d’efficacité, tout ce qui est du domaine du rêve est soit une aspiration à transformer en réalisation concrète, soit relégué au rang de perte de temps inutile et oiseuse.

Halte au rêve, soyons pragmatiques et pratiques, soyons dans l’action réaliste, donnez-nous du consistant, du matériel, du palpable, du tangible. Laissons l’irréel et l’éthéré aux mous du bulbe et du genou qui le méritent. Quels arguments peut-on opposer à quelqu’un qui considère les moments qu’il nous arrive d’accorder à la rêverie, comme du temps perdu ?

« Il ne faut pas rêver » nous dit-on. Et pourtant, en bout de ligne, nos rêves visent le plaisir, le bien-être, ils sont révélateurs de nos sources de motivation, de nos valeurs, de ce qui nous anime et nous fait vibrer. D’accord, ces aspirations paraissent parfois un peu trop ambitieuses, un peu irréalistes, un peu exagérées. Cependant, si personne n’avait de grandes aspirations, on vivrait encore dans des cavernes, hein, ma bonne amie. Ce sont nos rêves qui nous motivent et nous poussent à aller plus loin, à nous dépasser, à réaliser toutes sortes d’exploits.

Nous avons entendu depuis notre enfance qu’il faut “arrêter de rêvasser”. Se laisser aller à une absence de concentration est souvent associé à de la paresse, de la distraction, de l’inattention, du désintérêt.


Pourtant l’Homme est capable de rêverie, on peut partir du principe qu’elle a une utilité, et peut-être même des vertus. Il se trouve qu’elle en a plein. Être dans les nuages, s’abandonner au songe, laisser son esprit s’évader, c’est un peu comme prendre de la hauteur, de la distance. En changeant de perspective, en cessant de se concentrer, le cerveau libéré travaille beaucoup mieux. Et c’est sans doute la raison pour laquelle notre esprit vagabonderait environ 30% du temps.

Selon des études récentes, rêvasser stimule l’activité cérébrale, permet de résoudre des problèmes complexes en faisant appel à un panel remarquablement étendu de ressources cérébrales qui s’activent en même temps. La rêverie stimule l’utilisation de fonctions cognitives comme le langage, la mémoire, le raisonnement et les fonctions exécutives. Nous réfléchissons sans le savoir à des questions importantes de toutes sortes, comme:

  • Trouver une solution à un problème professionnel
  • Élaborer une transition de carrière
  • Régler un conflit interpersonnel.

Il semblerait même que rêvasser soit bien plus efficace dans le traitement de problèmes complexes que la concentration. Bref, nos escapades mentales sont une composante essentielle de notre efficacité professionnelle.

D’autre part, se ménager des temps pour rêver est une façon de s’autoriser à s’extraire de l’environnement immédiat, parfois plus générateur d’inconfort et de stress que de réflexion sereine, et de laisser notre matière grise nous emmener là où ses préoccupations se portent. Même si elle ne vous entraîne pas directement sur l’élaboration de solutions intelligentes, ou l’identification d’une voie de reconversion professionnelle, il est probable qu’elle vous amènera à régler d’autres problèmes et vous libérera suffisamment d’espace mental pour y réfléchir sans être pollué par tout un tas de parasites pénibles.

Autorisons-nous donc la rêverie, laissons notre esprit nous entraîner là où il le souhaite, et observons avec curiosité où cela nous mène… la sérendipité passant par là, nous pourrions y faire des découvertes essentielles à notre plaisir de travailler.

Évidemment, il n’est pas nécessairement question d’accoucher d’entreprises pharaoniques ou de devenir président de la World Company. Il s’agit tout simplement de s’autoriser le rêve pour reconnecter avec ce qui nous anime, pour construire une réalité au delà de nos espérances plutôt qu’en deçà.

Quand on voit des jeunes qui aspirent à être mannequin ou footballeur, on se demande dans quelle mesure nos rêves ne sont pas de dangereuses routes vers la déception.

Cependant, nous avons parfois tendance à torpiller le rêve lui-même, alors que  le problème réside bien d’avantage  dans ce que nous cherchons réellement à obtenir à travers lui, et dont le rêve n’est que l’indicateur.
Ce rêve-là est le mien. Et vous, de quoi vos rêves sont-ils faits?


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